Zadi, le boss

Désormais dans ses habits de chef, notre ami hémiplégique Zadi gère sa petite affaire de collecte d’ordures ménagères. Ancien « wotrotigui», propriétaire de charrette complètement déglinguée  en malinké, il supervise aujourd’hui le travail d’Armel, son nouvel employé, sur le tricycle de son entreprise. Un don des internautes à la suite d’une action sociale lancée il y a 1 an sur les réseaux sociaux à travers le hashtag #UntricyclePourZadi.

La nouvelle vie de Zadi

Akouédo, pont bascule, 9 heures. Des chagnons, véhicules de ramassage moins nombreux que d’ordinaire, sont à la queue-leu-leu et  attendent leur tour de passage. C’est là que  seront vérifiés leurs poids et la nature des déchets contenus dans chaque benne. Les traditionnels fouilleurs, eux également en nombre réduit, écument le fond de ces poubelles, toujours à la recherche d’un éventuel morceau de fer, de plastique et autres babioles qui seront revendus pour assurer la pitance journalière. L’unique décharge à ciel ouvert d’Abidjan a officiellement fermé depuis juillet 2018. Désormais c’est au centre d’enfouissement technique de Kossihouen, dans la commune de Songon, que des ordures sont acheminées.  Pour l’heure, seuls les camions transportant les déchets verts et industriels sont  encore autorisés sur l’ancien site. « Depuis l’ouverture du nouveau site d’enfouissement, les gérants n’ont pas encore trouvé de compartiment pour ces camions. Tout se fait progressivement, raison pour laquelle ceux là déversent ici encore mais d’ici la fin du mois, les choses vont rentrer dans l’ordre » affirme un vigile du site d’Akouédo.

Parmi les engins encore autorisés à déverser leurs ordures à Akouédo, figure le tricycle de Zadi. Le jeune boss y est ce jour avec son employé Armel à qui le répertoire de clients de la zone, les horaires de ramassage et de dépôt du tricycle sont communiqués des mois en arrière. Avec un salaire de 40 000 CFA le mois, Armel se dit satisfait de son patron.

« Avec ma mobylette, j’irais plus vite et je ferais moins de tour à la décharge» tel était le vœu du vaillant garçon le 2 mars 2016, date de publication de notre  premier reportage sur Zadi. Un an plus tard, le 31 décembre 2017, son rêve devient réalité grâce à  l’élan de solidarité de la communauté ivoirienne connectée.

la collecte de fonds

 les vidéos et images à travers lesquelles l’on voit le handicapé pousser une charrette en dépit de sa mobilité réduite de moitié sont virales et touchent plus d’un. Soro Guillaume Kigbafori, président de l’Assemblée Nationale offre l’engin à hauteur d’un million de FCFA. Ce n’est pas tout, les journalistes et animateurs Fernand Dédeh et Barthélémy Inabo  à l’origine de la collecte, font réagir leur confrère notamment John Zahibo Jay qui, lui, offre 25 000 CFA pour les frais d’assurance et le premier plein de carburant. Les internautes Lebel N’Goran, Mélissa Digré, apportent également leur part à hauteur de 20 000 CFA. Toute cette somme est remise aux parents le jour même de la donation.

Aujourd’hui, Zadi ne se sent pas menacé par la fermeture définitive de la décharge d’Akouédo car, dans le pire des cas, le jeune patron a sa solution d’échange : faire le taxi bagage pour les nombreuses commerçantes de vivrier de la commune.

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