J’ai vu « Un Air De Kora »

La musique défie les mœurs. La kora, l’un de ces instruments africains de grande douceur, enjolive cet adage. C’est le fondement de l’intrigante histoire du film d’Angèle Diabang, réalisatrice sénégalaise  en compétition officielle  au Fespaco dans la catégorie « Fiction Court-Métrage ».


Le film  raconte l’histoire d’une brève idylle entre Salimata (Mata) et Emmanuel, deux jeunes passionnés  de cette harpe africaine  mais que leurs confessions religieuses opposent à tout point de vue.

Au Sénégal où est tourné le film, la Kora est sacrée. C’est une affaire d’hommes, et même Mata, fille d’un grand artiste, ne trouve place dans l’écurie de son père. La frustrée , après ses heures de ménages,  a recours aux prêtes  catholiques de sa communauté, eux aussi de grands kora players. Seulement Emmanuel, le religieux en charge de sa formation, est un bel homme qui ne tardera pas à succomber au charme de sa stagiaire. Des sons enivrants produits par l’instrument à la douceur  des gestes, en passant par la grâce dans le jeu, des sensations finissent par naître. Des sentiments germent également et ce, au fur et à mesure que les notes de l’apprenante se bonifient.

De leur union express et interdite naît un fils dont le père ne saura probablement pas l’existence, au grand déchirement de Salimata.

« Un air de Kora » dure 23 minutes et porte la marque de la réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang, véritable mordue du cinéma.

Formée au Media Centre de Dakar, puis en France et en Allemagne, la scénariste qui débute comme monteuse se consacre à la réa depuis 2005. Ses 14 années d’activité et 6 films à son actif, soldés par  plusieurs prix lui confèrent  une notoriété crainte par les autres concurrentes de sa catégorie.

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