Honorine honore le métier d’enseignant

Humaniste, l’engagement au cœur, Honorine Attébi est une institutrice bénévole passionnée de la classe passerelle de Gbokokro, et son travail dans cette localité de Divo en porte la marque.

Honorine est née 2 fois. Elle a vu le jour en 1989 dans sa famille à Lakota. Elle fréquente l’école primaire puis le lycée dans cette région du Lôh-Djiboua puis interrompt les cours en classe de première faute de moyens financiers. Honorine multiplie alors les petits boulots. Vendeuse de poisson puis d’Attiéké au marché de Siporex (Yopougon) avec ses sœurs, pendant plusieurs années, mais garde secrètement un rêve. Honorine veut transmettre son savoir, elle souhaite devenir enseignante. La jeune dame se constitue des économies afin de réaliser son vœu.

Vingt neufs ans plus tard, survient la deuxième naissance d’Honorine. En 2010, l’enseignante dans l’âme, donne des cours à domicile. Elle réalise encore plus d’économies et peut ainsi financer son concours d’entrée au Cafop. Mais désillusion, elle connait l’échec. Elle n’est pas admise au Centre d’Animation et Formation Pédagogique mais elle n’est pas déçue pour autant. Honorine entend parler plus tard du projet « classe passerelle » et du recrutement d’enseignants bénévoles. Elle saisit sa chance et voit son rêve se réaliser en décembre 2017.  Après une formation de 2 semaines à Guiglo, Honorine maîtrise les rudiments de son métier de cœur. Elle prend fonction à Gbokokro, campement situé à 15 km de Divo. Chaque matin craie en main, coquette et bien mise, elle transmet avec de l’empathie son savoir avec sa technique à la fois maternelle et ferme. Dans sa classe de 32 élèves à Gbokokro, Honorine sait tous les noms par cœur même ceux des 2 abandons et absents. Elle est surtout emphatique. « Je me mets à la place de ces enfants qui allaient au champs, le retour sur les bancs n’était pas évident au début mais maintenant, ils participent mieux et apprennent mieux » déclare Honorine, l’éternel sourire au coin. Honorine répète son cours d’initiation à la lecture en insistant sur la prononciation. Honorine va jusqu’à distribuer des bonbons pour stimuler les élèves endormis ou distraits ou même à faire le ménage dans sa classe lorsque le besoin se fait sentir. « Lorsque mes élèves ne comprennent pas la leçon du jour, je change de technique en utilisant des bonbons pour les comptes en mathématiques par exemple » Toutes ces techniques pédagogiques à la sauce Honorine sont au gout de ses apprenants qui enthousiastes, grouillent pour être toujours dans le lot des interrogés.

Les inquiétudes d’Honorine

« Le projet « classes passerelles » est une solution temporelle pour permettre l’insertion des enfants travailleurs dans les champs. Une fois que  tous auront repris le chemin des classes formelles, les classes passerelles prendront fin, les bénévoles devront arrêter » affirme Koné Nourgo, agent terrain du projet TRECC. Au terme du projet, Honorine se trouvera une autre passion car le ministère de l’éducation national n’a pas prévu un plan de réinsertion pour ses bénévoles. Mais la déterminée dit vouloir tenter une seconde fois le concours du CAFOP. .

 

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2 thoughts on “Honorine honore le métier d’enseignant

  1. Koné dit :

    Félicitation Dro, tes commentaires sont bien émouvants avec des descriptions qui retiennent le lecteur. Courage

    • drorita dit :

      Merci également à vous M. Nourgo pour la qualité de votre travail exécuté dans ces zone cacaoyères du pays.

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