Petit lexique du « djassa »

IMG_1164C’est un secret de polichinelle. Pour leur  shopping, bon nombre de filles et femmes, toutes catégories socio professionnelles confondues  aiment se rendre à Adjamé. Le marché de friperie par excellence du tout Abidjan.   Les samedis l’affluence est au summum. Une situation qui fait le   bonheur des autres acteurs de ce véritable vivier des vêtements de seconde main : « les djassamen»,  vendeurs en nouchi (argot ivoirien). A cet argot  désormais décrypté par la population, ils ajoutent d’autres langages.  Objectif : moins se faire comprendre des clientes pour mieux arnaquer, critiquer, vendre et ou communiquer.

A la foi malinké, ashanti, français ivoirien, anglais et surtout profondément  enraciné dans le traditionnel, découvrons le nouchi retranscrit dans la langue de Molière.

Blébicher

Ici, pas question pour le / la client(e), de refuser la marchandise proposée. Les commerciaux ont le verbe et la tchatche pour, quitte à user de la publicité mensongère. Faire croire à l’acheteur que la chaussure « chintoc » (entendez par là fabriquée en Chine, donc bon marché et de qualité approximative) est durable et de marque française entre autre.  «  Blébicher » signifie, berner, convaincre les clients coute que coute surtout les indécis (es).

Les manbi, gones et coulibaly

Pas de stress, ce sont des appellations du Franc CFA. Manbi équivaut à 100fcfa, 10 gones font 1000 et 15, 1500fcfa. Les choses changent à partir de 5000, le nom de code est gbon qui signifie 5000fcfa. Pour corser les choses parce que démasqués par bon nombre de clients, les djassamen  utilisent désormais « coulibaly » à la place de gbon. Les futés!

Canic – Gbétic

Ces expressions pour prendre le pouls du marché.

Canic, l’eau, ou dent de phaco pour dire qu’il est dur le marché. Rien ne bouge, rien ne marche. Et en période de vache maigre baptême spécial des clientes. Gos link pour les clientes avares.

Gbétic, ramène à une image plus gaie. C’est quand tout va pour le mieux. Les clientes achètent sans trop négocier, les affaires sont au beau fixe. Les djassamen ont donc le sourire  quand le marché est « gbétic ».

Gazman

Ce mot est d’origine nigérienne, précisément haoussa et signifie des restes. Des marchandises de 5ème,  6ème choix, donc de mauvaise qualité ou contenant des défauts. Vigilance clients, quand vous entendez gazman, faites gaffe. C’est surement du toc, un vêtement troué ou effrité ! Les secondes mains en bon état c’est mieux !

Pkatique

C’est sur la bonne voie, la cliente est conquise, elle prendra la marchandise !

Les rôles:

c’est l’appellation des marchandises

Gbaraques :

 Elles signifient : chaussures.Exemple : La gbaraque est yes /blébiche = la chaussure est belle /à défaut, laide

 Rwaban

Ce mot ashanti ,lui,  signifie la  matière  plastique

C’est une bœuf : c’est une idiote

Bonne chance pour vos courses  au « djassa »!

.

Mots clés , , , , ,

0 thoughts on “Petit lexique du « djassa »

  1. Merci d’éclairer nos lanternes ombrageuses ! C’est avec grand plaisir que je découvre ton blog… Chapeau !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *