Murielle Ahouré, coach championne

 

En ce moment à Abidjan, la championne du monde en salle du 6O m Murielle Ahouré se détache le temps de son séjour de sa chaussure et sa tenue de running pour enfiler le costume de coach motivateur auprès des élèves de son ancien établissement, le lycée international Jean-Mermoz.

Il y a comme une ambiance de stade  ce jeudi 11 octobre à l’amphithéâtre de l’établissement. Les élèves des classes de terminale et première dans les gradins  en pleine hola , poussant des cris et  applaudissant à tout rompre face à une Murielle toute souriante, moulée dans un tailleur saumon claire assorti à son rouge à lèvre, le micro en main : «  La préparation en athlétisme, c’est 90% du mental et 10% de physique. » le ton est donné, le thème de cette rencontre icone-apprenants est : comment garder un mental de champion . Pendant 2 heures, la sprinteuse livre témoignages, anecdotes, secrets, recettes  et rituelpour devenir le meilleur. « Avant chaque course, je ne parle à personne sur le terrain, excepté mon coach et mon kiné. Je m’isole derrière mes écouteurs, concentrée à 100% sur la ligne d’arrivée. Je ne me laisse distraire par quoi que ce soit .Je suis focalisée sur mon objectif : finir la course » livre la jeune dame au talent très tôt révélé.

Pour faciliter son insertion dans son établissement, en France, à 17 ans, l’éducatrice de la future star lui suggère de faire une activité sportive. Murielle n’a qu’en souvenir ses exploits abidjanais de coureuse imbattable pendant la récré et opte pour l’athlétisme. A l’essai, son temps de course convainc plus d’un. Murielle refuse dès lors de s’arrêter. L’étudiante obtient par la suite une bourse pour l’université de Miami où le succès lui ouvre les bras au grand dam de sa mère qui lui souhaite une autre carrière que celle de sprinteuse.« Le sport, c’est pas pour les filles, nous finançons tes études pour que tu étudies et deviennes docteur ,pas pour être coureuse » confie la  têtue (comme elle se définit) Murielle qui n’en démord pas.

Premier gros contrat avec Nike puis les titres’enchainent. La spécialiste du sprint cette année-là, bat le record de l’école de Williams sur 60 m, en 7 s 17. Murielle  est quadruple vice-championne du monde sur les épreuves de sprint de 60 ,100 et 200 m entre 2012 et 2014. Un succès non sans  bémols. Une vilaine blessure au genou en 2016 impacte son rendement sur 2 ans. Puis le décès de son père le 23 mars 2017. Murielle guérit de ses blessures,  poursuit ses 6 heures d’entrainement la semaine, fait attention à son alimentation, se fait suivre par les meilleurs médecins du monde puis réussit après 8 ans de carrière à battre le record mondial au 60 m en 6 seconde 97.  A 31 ans, Murielle devient  la première femme africaine à remporter une distinction du 100 m de la Diamond league.

A sa passion naissante pour la photographie et le maquillage « je mets du rouge à lèvre rouge bordeaux pour les grandes compétitions et du rouge pour les autres » Murielle se lance dans l’humanitaire. Nouvelle ambassadrice d’Unicef, Murielle ambitionne ouvrir un centre de haut niveau  pour donner l’opportunité à des enfants d’apprendre un métier.

Voilà, tout est dit, les élèves du Lycée International Jean Mermoz savent tout de la championne et détiennent désormais le secret pour être un « champion ». Cette rencontre est l’initiative des anciens de l’école réunis au sein de l’association AMERMOZ dont le leitmotiv est : rassembler, collaborer et avancer.

 

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